les œuvres

Les activités

des sons dans l'air...

préludes à l'espace

écouter

l'Acousmonef

l'espace concret

l'espace du faire

galerie

mon acousmonde

voyages en acousmonde

télécharger

les acousmobiles

les acousmodules

les pages du faire

documents

calendrier

singularités

de l'autre côté

sonariums

causeries illustrées

l'acousmathèque

bios

 

utopies et uchronies

le temps du faire

audio blog

des sons délyrants

liens

visions

 

 

abécédaire

 

 

 
s o n a r i u m s
 

 


Un espace acousmatique privé et partageable ?


Les œuvres acousmatiques semblent bénéficier par principe d'une diffusion facile, car elles ne nécessitent finalement qu'un média et un dispositif d'écoute pour parvenir jusqu'aux oreilles des auditeurs : un disque, un CD, un récepteur radio ou de streaming et une paire d'enceintes ou d'écouteurs, et hop ! Et si on souhaite les faire entendre en public, on a trouvé il y a une soixantaine d'années qu'il suffisait de répartir adroitement un contenu stéréophonique sur de multiples paires d'enceintes pour pouvoir remplir une scène éventuellement élargie ("orchestres de haut-parleurs") d'une manière satisfaisante.
En tout cas, encore aujourd'hui, cette approche de la création permet à ce type de composition de se retrouver naturellement dans le salon des amateurs, reproduction plus ou moins fidèle mais parfaitement cohérente du studio des compositeurs.

 

 

Un home-cinéma-pour-les-oreilles ?

Pour les compositions qui dépassent la stéréophonie, mais qui s'adressent toujours à l'écoute plus ou moins privée, les formats "surround" des médias issus du cinéma (DVD, BluRay) ont représenté un petit écosystème qui a pu séduire certains acousmates dans les années 90/2000.
Mais la pratique du home-cinema sur laquelle ils s'appuyaient n'a jamais constitué un réel débouché pour les œuvres acousmatiques, et ce n'est pas leurs avatars aujourd'hui "immersifs" (Dolby Atmos...) qui vont y changer grand chose, sachant que ceux-ci sont principalement diffusés sous une forme binaurale (avec des écouteurs) ou  à travers des systèmes haut-parlants tellement sujets à variations et incertitudes (barres de sons, enceintes compactes dites "à 360°", haut-parleurs d'ordinateurs ou de smartphones...) qu'il est difficile de les considérer avec un tant soi peu d'exigence de la sonofixation (ce qui n'enlève rien à leur intérêt et à leur efficacité).

 

 

Un acousmonium à la maison ?

Enfin, il y a aussi le cas des œuvres qui sont d'abord créées pour les situations d'écoute publiques, pour des dispositifs haut-parlants plus complexes et plus diversifiés. Pour les entendre, il faut se déplacer, ce qui est bien, mais pour les réentendre, c'est une autre histoire, à laquelle la réduction binaurale apporte là aussi une réponse finalement facile et sympathique (voir la page écouter), mais...
Mais cette image virtuelle, tout agréable qu'elle soit, ne permet pas de ressentir ce qui fait le propre de ces œuvres, ce qui à travers leur vibration physique construit la matière et les volumes des sons, qui à la fois remplit l'espace et repousse les murs !
Si l'on prend le principe général de l'acousmonium* comme la manifestation matériellement concrète des œuvres acousmatiques, peut-être pourrait-il s'échapper du cadre des concerts spatialisés pour venir s'implanter, sous des formes adaptées, aux conditions des espaces domestiques, et apporter chez soi ce qui habituellement n'existe qu'ailleurs ?

 


 


Des sonariums

Oui, un home-acousmonium, ça pourrait être un peu cela...

Mais un sonarium, c'est aussi autre chose, une manière singulière de faire sonner et d'écouter des compositions originales en pleine dimension, de goûter les sons chez soi à la foi en intimité et avec une certaine démesure.
Si un solarium est un endroit où l'on se fait bronzer, un sonarium est un endroit où l'on se fait résonner ;-)

Car ça peut être considéré, autant qu'un dispositif de diffusion, comme une installation plastique qui associe une structure matérielle avec une création sonore immatérielle, un "objet d'art" en tant que tel que l'on peut avoir plaisir à partager avec ses amis. Avoir un sonarium dans son salon (ou dans un autre espace d'ailleurs) c'est un peu comme disposer de tableaux ou de sculptures, qui, jour après jour, finissent par faire partie du lieu, avec la différence bien-sûr qu'ici ils n'existent que lorsque l'on appuie sur un bouton, et que la plupart du temps la partie la plus significative reste en attente, à l'état de potentialité, sachant qu'il peut être installé d'une manière permanente, ou seulement pour une durée déterminée ou variable.

Plus spécifiquement, l'idée du sonarium s'intègre dans ma recherche de correspondances entre les sons, les espaces haut-parlants et les situations d'écoute, prolongeant en cela mes installations et la conception de mes acousmobiles. Elle représente également un terrain idéal pour explorer la plasticité spatiale des œuvres, notamment dans le cadre du jeu des possibles et des transcriptions de Préludes à l'espace, mais aussi pour en créer de nouvelles, directement inspirées par les particularités qui sont offertes.

Chaque sonarium est original et différent des autres, tant par sa configuration matérielle et son implantation spatiale, que par les compositions sonores qui lui sont associées.
Sur le plan structurel, un sonarium est idéalement constitués de deux niveaux d'élévation, l'un au sol et l'autre au plafond, en périphérie de la pièce, avec si possible au moins un point à l'intérieur.
Il comporte :
- un ensemble d'enceintes de (très) petite taille
- un ou plusieurs "subs"
- selon les cas un ensemble d'amplificateurs miniatures
- un mini PC
- une ou deux cartes son 8 canaux
- les alimentations, le câblage, plus les éventuelles fixations
Il est conçu pour être le moins intrusif possible, c'est à dire, idéalement, pour s'insérer dans le lieu sans requérir ou appliquer de modification dans son occupation ou sa structure (pas de trous dans les murs !). Même avec des enceintes originales, il doit rester visuellement discret.
Il doit aussi pouvoir être opéré sans nécessiter d'action compliquée, au minimum : allumer un bloc de prises, lancer l'ordinateur et sélectionner ce que l'on souhaite écouter, et au maximum peut être quelques boutons à presser.
 

 

 


2010 : la maison d'Odette Bellec dans les Côtes d'Armor

Un premier sonarium éphémère a été installé du 18 septembre au 30 octobre 2010 dans la petite maison d'Odette Bellec dans les Côtes-d'Armor, dans le cadre d'un festival de l'association Itinéraire Bis.
Il s'agissait d'un système sur 18 canaux, constitué de très petites enceintes disséminées ou même dissimulées parmi ce qui pouvait ressembler à une accumulation de bibelots et d'objets plus ou moins héréoclites.
La composition, Trente-deux instants presque ordinaires, avait été réalisée spécialement pour cette occasion, ce lieu et ce mode diffusion, où Odette recevait chez elle les visiteurs pour partager avec eux les écoutes, mais aussi son thé et ses commentaires ;-)
Ce sonarium n'a existé que pendant un temps très court, mais les photos qui restent laissent bien imaginer comment il se se présentait ainsi que son atmosphère.

                        

 

 


2026 : le salon de Pascale Rodarie dans le Puy-de-Dôme

C'est le premier "vrai" (et pour l'instant le seul) sonarium, permanent et définitif (autant que faire se peut...).
Il a été installé durant l'été 2026 dans le salon de la peintre Pascale Rodarie dans le Puy-de-Dôme (Livradois-Forez), et il permet d'écouter dans des conditions excellentes une large sélection de pièces de la série Préludes à l'espace ou Petits aperçus de l'Acousmonde, ainsi que des Voyages dans l'Acousmonde et quelques autres... tout en profitant de la vue de ses œuvres et de celles d'autres artistes qui sont rassemblées dans cet espace.

La composition haut-parlante est plus classique que la précédente, et ressemble à ce titre plus à celle d'un "mini Acousmonef" qu'à un acousmobile :
- 9 enceintes JBL FLX-1 (satellites surround et centre d'anciens systèmes "5.1")
- 6 enceintes Onkyo SKH-410 (conçues pour les points d'élévation dans les systèmes Atmos)
- 1 sub Jamo 800
Sur le plan technique, il s'agit donc d'un "15.1", dont la disposition n'est pas très éloignée d'un "9.1.6" aujourd'hui typique dans les configurations avancées de home-cinema, mais avec deux différences essentielles :
- le niveau du bas est effectivement en bas, c'est à dire posé directement sur le sol, de manière à profiter de toute l'étendue possible de l'élévation, là où les systèmes cinéma n'occupent que la zone au dessus des têtes
- un de ces points est placé à peu près au centre de la pièce, apportant une présence dans l'endospace qui fait défaut à la plupart des systèmes dits immersifs

Si les œuvres n'ont pas été composées spécialement pour ce sonarium (elles sont le plus souvent réalisées en espace nodal volumétrique sur 80 canaux), elles ont été spécialement transcrites en fonction de la disposition spatiale, du caractère des enceintes et de l'acoustique du salon.
D'autres, spécialement composées pour, pourraient les rejoindre plus tard...

                               

 

 


Et ensuite ?

D'autres sonariums pourraient exister aussi chez vous !
Ils peuvent aussi s'implanter dans des lieux associatif plus ouverts vers le public.

Pour cela, il faut évidemment aimer un peu les œuvres de Jean-Marc Duchenne ! et plus généralement prendre plaisir à l'écoute de la concrétude des sons.

Les différentes étapes de la création d'un sonarium comportent :
- prise de contact : motivations, envie/sélection d'œuvres, coût et modalités
- repérage : dimensions, acoustique, contraintes d'occupation, environnement
- proposition matérielle : choix d'enceintes et implantation
- mise en place et tests
- réalisation des transcriptions et des adaptations des œuvres
- écoute, ajustements et "accordages", sélection finale
- optionnel : ajout de nouvelles œuvres, compositions spécifiques, augmentation du format spatial...


Contactez-moi !


Un aperçu des enceintes qui peuvent constituer d'autres sonariums personnalisés, du 10.2 au 15.1 :

          

    jamocentre.gif          

              

                 
 

 

 

(* le terme "acousmonium" représente, selon les époques et les écoles, un terme générique qui peut s'appliquer à tout ensemble d'enceintes destiné à la diffusion
d'œuvres acousmatiques en public, ou plus spécifiquement, par rapport à son origine historique, au concert avec spatialisation et interprétation en direct.
La constitution matérielle peut également différer selon l'utilisation d'enceintes dites de "coloration" qui participent activement dans la sonorité de ces diffusions)